Olivier BUCKET

Nouvel album disponible

L'album enregistré en studio en mai dans les conditions d'un concert est disponible!

Vous y retrouverez l'esprit et l'ambiance que vous connaissez quand vous nous rencontrez en Live.

Bientôt dans la boutique et disponnible sur simple demande.

Chronique d'un concert à la maison

"Il y a toujours dans la vie nomade des artistes des moments forts évidemment, mais au-delà, il y a des moments de référence.

Ce jour inoubliable, cette fois là magnifique, ce concert si intense et ce public génial.

Dimanche, nous avons vécu notre 1er home/concert et cette date fait désormais partie de ces fois là.

Tout est venu simplement. Coco et Bruno sont des amis. Bruno est artiste lui-aussi.

Et donc, naturellement, ils nous ont invités à venir faire un concert chez eux, dans leur salon.

C'est le principe du home/concert. Des amis, des chansons et un coup à boire le plus souvent.

Une recette simple, mais originale, pour changer un vulgaire dimanche après-midi en un temps de partage et d'échange.

Ne pouvant plus me passer ni d'Olivier, ni de sa contrebasse, nous déboulons donc, en trio avec Manu.

Tout le monde est arrivé au fur et à mesure pour venir s'installer sur des chaises, des bancs ou même sur un canapé.

50 personnes + 3 musiciens dans un salon, inutile de préciser que la proximité du public, ça n'est pas qu'une sensation mais bien une réalité.

Bruno qui était sur le canapé au 1er rang, avait les pieds sous mon pupitre et les yeux et les oreilles, juste derrière mes paroles.

En répétition, on avait un peu cogité le truc et on s'était mis d'accord sur un tour de chant plutôt axé sur des chansons avec une certaine intensité émotionnelle, plus que sur un récital aux refrains festifs.

En résumé, un public prêt à écouter et un groupe prêt à l'être.

Le concert pouvait commencer.

Les angoisses et le stress du début passent sur les 1ers titres.

Quelques erreurs de paroles et d'accords plus tard, nous déposons nos mots et nos mélodies dans l'oreille de notre auditoire avec sérénité et concision.

Peu à peu la magie opère et nous accédons enfin à la communion tant attendue.

Là, chaque accord de guitare, chaque rif, chaque rythmique de contrebasse compte.

Un mot, un silence, une inflexion de voix, tout participe à nous relier au public.

Nous chantons durant 1h15 et cela nous paraît 10 minutes.

Ce temps, cette parenthèse, est littéralement un état de grâce.

Un rappel, une standing ovation (même en petit nombre, ça le fait carrément!) et nous nous retrouvons avec un verre à la main à échanger nos impressions avec le public.

Evidemment, on est loin de l'univers des groupies hurlantes avec des mots d'amours inscris au maquillage sur les joues.

Non, là, on est dans le partage des mots, la compréhension musicale, l'interrogation sur l'inspiration ou le protocole créatif.

Bref, tout ce que j'aime retrouver comme retour sur nos chansons.

Tout ce qui valide la démarche relativement loufoque de vouloir communiquer avec les autres en chanson.

Ça y est on replie les guitares, on remballe le peu de sono. On traine un peu pour profiter un peu de nos hôtes qu'on ne voit pas assez souvent, comme tous les amis.

Et nous voilà dans la voiture, moi et Olive.

Un ou deux mots et on se réfugie vite dans les éthers délicieux et enivrant de cette après-midi.

Je repense à tous les plans galères.

Les publics de restaurants qui n'écoutent pas et qui veulent juste taper dans leur main sur un bon refrain, entre deux coups de fourchettes.

Les cafétérias de camping où tu chantes entre le flipper encore allumé et le billard squatté par des gamins qui vivent leur 1ère fois.

Le type qui vient, mandaté par sa femme, te parler en pleine chanson sans attendre que tu aies fini, même pas pour te complimenter mais pour te demander de jouer moins fort.

Celui qui n'a rien écouté et qui vient te voir à la toute fin du concert pour te dire "ça doit être dur de chanter dans ces conditions...?"

Bref, toutes ces fois là, un peu glauques du métier, qui sont le lot de tous les artistes qui ne sont attendus nulle part.

J'y repense et en même temps, ça ne compte pas...

Grâce à des aujourd'hui, je sais pourquoi j'écris. Pourquoi je chante. Pourquoi j'attends ça de ma vie...

Parce que c'est ma façon d'exister...je suis et je me sens vivre, tout simplement.

Merci Coco et Bruno. Merci Olive et Manu. Merci les gens. Merci la vie...et vive les dimanche après-midi!"

 

François PICARD